Fred un pigeon particulier

Publié le par systeme-d-pour-fauches

 

Nous avons eu beaucoup d'histoires étranges avec les animaux, je m'en vais vous conter l'une d'entre elles.

 

Nous habitions dans le Doubs, le Haut-Doubs même, dans un village tellement petit que l'on y comptait plus de vaches que d'habitants. Pas un restaurant, il avait fermé quelques temps avant que l'on arrive. Plus d'école, elle avait fermé, il y a quelques années déjà…pas de boulangerie, d'épicerie…juste une laiterie et une gare transformée en locatif !

 

Les enfants se levaient tôt pour prendre le bus à 7h30 qui les amenaient à l'école à 7 km de là, pour qu'ils commencent à 8h30 ! Quelle perte de temps de sommeil !

 

Tout ça pour dire que quand il arrive quelque chose de nouveau dans le village, on s'en empare, on le savoure…

 

Nous vivotions paisiblement entre école, promenade, soin de notre poulailler de fortune dont je vous parlerai plus tard, dans un autre article, et les chats. D'eux aussi, il faudra que je vous parle.

 

 

 

Pigeon vole…pas

 

 

Mon mari revient de Besançon un jour avec un pigeon blessé. Un pigeon ramier, tout ce qu'il y a de plus banal, gris avec le cou verdoyant mordoré. Il avait une aile ensanglantée, il ne pouvait donc pas voler. Mon mari a été témoin de son accident, il s'est fait shooter par une voiture alors qu'il picorait goulument des croûtes de pain au sol. Mon mari, l'a cru mort dans un premier temps, puis il l'a vu se relever et tenter de fuir ! Ni une ni deux, il est sorti de la voiture et l'a couvert de sa veste, il a pu l'emprisonne dedans et le ramener à la maison !

 

Quand j'ai vu le pigeon, j'ai de suite pensé qu'on ne le sauverait pas, il était trop amoché, il trainait son aile, et j'avais l'impression qu'il avait reçu un choc à la tête !

Son aile était gonflée et on voyait qu'il souffrait, mais il nous laissait le toucher.

Je ne sais plus comment on s'est retrouvé chez le voisin pour lui demander de l'aide, il nous a emmener dans son énorme atelier et à sorti des lames de scalpel fermées dans des étuis individuels, donc à l'abri de l'air et des microbes…

Il a coupé, grâce à cette lame la peau sur l'intérieur de l'aile, ce qui a libéré du sang et une certaine pression qui devait le faire souffrir.

On lui a mis de la Bétadine, et on l'a laissé dans un carton dans la salle de bain, qu'il ne soit pas embêté par les chats !

 

Il a dormi, couché sur le côté, ce qui n'est pas très naturel pour un oiseau.

 

Le lendemain, il était debout et avait, si l'on en jugeait par les fientes, inspecté la salle de bain dans tous les sens !

On lui a remis de la Bétadine et on l'a laissé faire connaissance avec les chats.

Les chats étaient plus réticents que lui à faire connaissance !

 

On lui a donné du pain, de l'eau et pas de barreaux. On avait un canari qui, lui, plaisait beaucoup aux chats, on a dû poser la cage en hauteur loin des papattes de ces minous gourmands !

 

Le pigeon a entendu chanter le canari et s'est approché pour le regarder, d'en bas, tête penchée, il le regardait d'un œil !

 

Nous avons acheté des graines pour les oiseaux d'extérieur, il a refusé les boules pour les mésanges que nous avions à disposition !

 

 

On l'appelle Fred !

 

 

Les filles ont voulu lui donner un prénom, on a cherché et on a trouvé: Freedom que l'on a raccourci en Fred !

Oui, je leur ai fait comprendre qu'on allait pas le garder, une fois sauvé, il repartirait vivre sa vie !

Une voisine élevait des pigeons, en cage, pour la consommation, je n'allais pas lui confier ce pigeon sauvage ! En plus, il aurait contaminé les autres !

 

Fred s'est rétabli rapidement, en une semaine, il était sur pattes !

Il faisait la loi dans la cuisine, ayant goûté la pâtée pour chats, il a fini par refuser les graines. Quand il arrivait, les chats s'écartaient pour le laisser manger !

Il volait ensuite sur la cage du canari où il s'installait pour dormir !

 

Voyant que tout allait bien, on a tenté un premier envol.

Nous habitions au premier étage, nous étions début août, il faisait beau, la place de l'église où nous étions situés était déserte, pas de voitures ou de très rares passages. L'herbe du carré de verdure à 5m en face, le petit bois à gauche avec le grand champ…tout était impeccable pour ce lancer de pigeon !

 

Mais monsieur Fred ne voulait pas partir, il a fallu le pousser. Fenêtre de la cuisine ouverte, le canari aurait bien pris sa place !

La porte de l'escalier était ouverte pour les chats, et la chatière retenue par un fil était ouverte pour éviter les tac tac…tac tac toute la journée !

 

 

La liberté de rester

 

 

On donne de l'élan à Fred, on l'envoie en l'air, il plane jusqu'au carré d'herbe, nous regarde, et se dirige vers l'escalier et rentre par la chatière avant de retourner sur la cage du canari !

 

Ah ben, on avait gagné !

 

Les jours qui suivirent, le pigeon commença à s'élancer de lui-même pour s'envoler, il voletait jusque dans les arbres, ou sur le poulailler puis rentrait par la fenêtre ou la chatière !

 

Tous les jours il allait de plus en plus loin, il faisait le tour du clocher avant de rentrer comme un boulet de canon dans la cuisine !

 

Un jour, il m'a fait très peur, il est entré en trombe comme d'habitude mais il s'est posé sur la cuisinière, sur une plaque électrique que je venais juste d'éteindre ! Purée, j'ai sauté sur la spatule en fer, pour lui décoller les pattes, ça commençait à sentir le graillon ! Quand j'y repense, j'aurais pu le blesser !

Le dessous des pattes était un peu blanc par endroit mais il ne semblait pas en souffrir !

 

Fred se laissait porter, caresser, même bizouiller !

 

Fred est parti un soir faire son petit tour, plus tard que d'habitude, le jour de l'ouverture de la chasse…il n'est pas revenu ! C'était en septembre, on s'est forcé à garder la fenètre ouverte encore quelques temps, malgré le froid qui commençait à taper dur…même les chats semblaient le chercher !

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